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Découverte

Le 25/07/2017 par Mohamed Boudellal

Coteaux Varois, la Provence à part entière

Coteaux Varois, la Provence à part entière

L’aire des Coteaux Varois en Provence se trouve tout naturellement dans le département du Var sauf que sa délimitation ne va pas jusqu’au littoral. Outre cette position légèrement continentale, son territoire s’étend sur des reliefs d’une altitude moyenne élevée (350 m), un atout pour une viticulture dans un contexte méditerranéen. Douée par sa géographie, l’appellation a n’a pas été gâtée par une histoire qui l’a longtemps maintenue à l’ombre des Côtes de Provence. Cependant, l’avènement du rosé doublé d’une incessante dynamique vigneronne ont fait qu’elle est parvenue à égaler ce vignoble de référence sur le plan de la qualité. Seule la notoriété fait défaut aux vins des Coteaux Varois, un handicap qui se comble à mesure que des acteurs de premier plan font preuve d’un savoir-faire qui n’a guère à envier au métier des grandes marques établies de la Provence.

Une terre de rosé mais pas seulement…

Les chiffres en attestent formellement : la production de rosé dans les Coteaux Varois est à l’égal de celle de toute une région et atteint 90 % des volumes élaborés dans les trois couleurs. Cette statistique implacable, corollaire du succès que l’on sait du rosé, doit pourtant être nuancée si l’on prend en compte une production très soignée de rouges et de blancs, à laquelle s’attachent plus particulièrement les domaines les plus en vue. A cela, on doit souligner les conditions favorables de fructification des vignes en altitude, comme c’est le cas sur l’ensemble du vignoble. Ainsi, la maturation des baies y est plus lente que sur les secteurs situés au sud de sa délimitation, s’effectuant avec un retard d’environ trois semaines sur les vignobles du littoral !

Ces bienfaits climatiques se traduisent également par de notables amplitudes thermiques jour/nuit à l’époque de mûrissement des raisins, leur procurant un capital acide et aromatique propice à l’expressivité des vins. Tous les types en bénéficient, gagnant un équilibre sur la fraîcheur bienvenu dans des expressions d’essence méditerranéenne, foncièrement riches. Si les blancs et les rosés voient leur vocation affirmée, les rouges ne sont pas en reste et s’évitent ainsi l’écueil de la lourdeur. Ce contexte est notamment profitable au cabernet sauvignon dont l’usage est pourtant décrié en Provence. Il procure ici toute sa substance aux rouges qui en comportent, du fait d’un cycle de maturité conforme à sa nature de cépage tardif.

Si le territoire des Coteaux Varois présente une topographie variée, sa dominante géologique est celle la Provence calcaire. Plus spécifiquement, on parle souvent de gravettes pour désigner la composition de sols répandus sur son aire. Pauvres et filtrants, ils sont propices à une viticulture de qualité, comme le sont d’ailleurs les silex, autres composantes de certaines zones.

Mes bonnes adresses

Une dégustation significative du potentiel des Coteaux Varois m’a permis de distinguer des domaines produisant une qualité homogène dans les trois couleurs. Il se trouve qu’ils sont situés sur des secteurs très distincts, certains au cœur du vignoble, non loin de la cité de Brignoles, et d’autres sur des zones très excentrées, chacune révélatrice d’un terroir particulier.

Bastide de Blacailloux
Fondé ex-nihilo en 2009 près du village de Tourves, ce domaine est forcément constitué de vignes encore jeunes et il ne fait nul doute qu’avec l’âge elles donneront davantage de teneur à des vins déjà convaincants, d’un profil élégant, équilibrés et d’une notable pureté d’expression.

  • Mon vin préféré : blanc « Quintessence d’Eclosion » 2015 (12,30 €)
    >> Du parfum et de la distinction, matière tactile, sève fraîche, minéralité saline.

Château de l’Escarelle
Disséminées dans une immense propriété de plus de 1000 ha, ses vignes bénéficient d’un environnement d’exception, géré consciencieusement dans l’esprit d’un écosystème. Fruits d’un important vignoble (100 ha), culminant à 500 m d’altitude, les vins sont élaborés intelligemment, avec une exigence graduée avec la montée en gamme, mais sans compromis sur l’expressivité.

  • Mon vin préféré : rouge « 1718 » 2014 (17,90 €)
    >> Approche séduisante, franchise et velouté de texture, goût profond et raffiné.

Domaine de Trians
Situé dans la partie sud de l’appellation, sur la commune de Néoules, ce domaine tire tout le parti d’un vignoble d’orientation nord, garante d’une maturité lente et harmonieuse. Ici, la production ne donne pas dans une modernité à tout crin et s’exprime dans un style sapide et respirant son terroir.

  • Mon vin préféré : rouge « Château Trians » 2014 (12,90 €)
    >> Forte nature épicée, caractère authentique, équilibre bien trouvé.

Château Thuerry
Proche de Villecroze mais isolée dans un univers enchanteur de pinèdes, cette propriété aux racines médiévales est loin d’être passéiste au cœur de son activité puisqu’elle dispose d’une cave semi-enterrée de haute conception. Ce perfectionnisme fait écho à celui qui entoure sa viticulture, avec notamment des vendanges manuelles et triées. Ici, on exploite au mieux les maturités tardives propre à ce secteur du Haut-Var pour obtenir des expressions complètes, ambitieuses sans ostentation.

  • Mon vin préféré : rouge « Les Abeillons » 2012 (16 €)
    >> Richesse aromatique, grand équilibre, structure soyeuse et fruitée à cœur.

Château d’Ollières
Implanté à l’est de l’appellation, non loin de l’aire des Côtes de Provence Sainte-Victoire, ce domaine vigneron est conduit avec brio par Charles Rouy. L’ensemble des vins a de l’éclat grâce à une fraîcheur de constitution omniprésente, tandis que les rouges détonnent dans le contexte local par leur vitalité et leur harmonie.

  • Mon vin préféré : rouge « Prestige » 2013 (14 €)
    >> Bouquet captivant, essence juteuse, tanins savoureux.

Quelques mots sur l'auteur : Mohamed Boudellal

Diplômé en histoire de l'art, Mohamed Boudellal est journaliste et consultant en vins. Il a écrit pour la presse spécialisée, principalement pour la Revue du Vin de France, et d'autres titres comme L'Amateur de Bordeaux, Gault-Millau et Terre de Vins. Il a également été correspondant pour le webmagazine Le Journal du Vin, et est co-auteur dans l'édition 2016 du "Grand Larousse du Vin".


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