Profitez de l'offre spéciale La FDV!
Côté Culture

Le 16/04/2013 par Sarah

Le White Zin, le rosé cheap des Etats-Unis

Le White Zin, le rosé cheap des Etats-Unis

Cheap: mot anglais signifiant "bon marché" et connoté "bas de gamme". Dans le domaine du vin, assimilable aux vins industriels de qualité toute relative, produits par milliers d'hectolitres et satisfaisant les désirs des consommateurs ayant bien plus d'intérêt pour l'alcool et le côté "classe" du vin que pour son goût et sa qualité en tant que produit de la vigne et du terroir.

Alors même qu'en France le rosé revient sur la table, qu'on le reconnaît de plus en plus comme un vrai vin, digne d'intérêt, digne de figurer sur les cartes des grands restaurants, digne de notes de dégustation, aux Etats-Unis le White Zin reste le mal-aimé des amateurs de vin, qui n'y voient qu'un produit de consommation de masse, insipide et inintéressant au possible.

Oui, le White Zin est l'enfant terrible des Etats-Unis. Le rosé facile, doucereux, avec une pointe d'acidité, beaucoup de simplicité, pas vraiment cher, ou vraiment pas cher, c'est selon. Mais aussi et surtout le style de vin qui représente 10% de ventes totales de vin aux Etats-Unis (en volume), même s'il est rarement exporté.

Du Zinfandel au White Zin

Le zinfandel est le cépage classique et typique de la Californie, connu pour donner de puissants et riches vins de garde, aux arômes intenses de prune et de fruits rouges et noirs. La peau épaisse des grains de raisin leur confère également tannicité et intensité de couleur.

Si on appelle le rosé "white" zinfandel, c'est parce qu'il est vinifié pour ainsi dire comme un vin blanc, avec une pression directe des baies et sans contact prolongé entre le moût et les peaux de raisin (contrairement aux rosés de saignée par exemple). La fermentation est arrêtée alors qu'il reste du sucre dans le vin, simplement par manque de levures pour le convertir en alcool, expliquant le côté "demi-sec" du White Zin.

Le White Zin, est-ce encore du vin?

Simplissime, à moitié doux, peu alcoolisé, très fruité... Le White Zin ressemble à s'y méprendre au rosé pamplemousse ou à un punch, que l'on sirote le soir pour se désaltérer et se mettre dans de bonne humeur, et que l'on sert souvent dans un gobelet ou un verre à eau. Pour le rafraîchir, rien de tel que des glaçons, après tout qui aurait la patience de stocker au frigo ou dans une cave de service un vin à $2 la bouteille?

Certes, les puristes diront que le White Zin n'a rien en commun avec le vin, si ce n'est que c'est un produit dérivé de la fermentation du jus de raisin. Pour preuve, une recherche google "good white zinfandel" suggère comme recherches associées "good white zinfandel for cooking" et "good white zinfandel for sangria".

Existe-t-il un bon White Zin?
Bon au sens de "grand", a priori non. Et ce n'est pas l'objectif des producteurs, même si on n'est jamais à l'abri d'un jeune vigneron décidé à rompre avec les convenances. Mais on fait du White Zin comme on fait du rosé pamplemousse ou du panaché. Pour le grand public, pour la consommation de masse, pour sa simplicité et le plaisir immédiat. Plaisir: le mot est lâché. Plaisir abordable, accessible à tous, qui ne demande ni connaissances ni réflexion ni concentration. Donc s'il n'est ni fin ni élégant ni grand, le White Zin doit être "correct", ni trop acide ni trop doux, et avec un certain équilibre.

A-t-on le droit de snober le White Zin?
10% des ventes de vin, une bouteille sur 10, c'est colossal. Pourtant, beaucoup des détracteurs du White Zin n'en ont jamais goûté, se disant bien au-dessus de cela. A la FDV, nous pensons plutôt que c'est une question d'occasion, d'environnement, d'ambiance. Le barbecue sur une plage de Californie n'a pas besoin d'un grand cru français ou italien, et il en est de même pour beaucoup d'occasions. Alors pourquoi bouder un plaisir simple, de temps en temps? Pourquoi, sous prétexte qu'on est un "amateur éclairé", s'interdire d'apprécier à sa juste valeur une boisson de soif, d'apéritif, qu'on ne consignera pas dans son carnet de dégustation mais qui, pour son prix très bas, ne décevra pas?

Le White Zin, à ne pas confondre...

... avec le Zinfandel
Rouge, puissant, fruité, charnu, concentré, épicé, c'est le grand vin rouge de garde par excellence de la Californie. Les meilleurs sont issus de vieilles vignes, de la Sonoma Valley ou de la région plus continentale des "Sierra Foothills", près de la ville de Lodi.

... avec le Cerdon, le Bugey ou le Cabernet d'Anjou
De couleur rose intense, relativement doux et sucré, plaisant, et pourtant la complexité et la finesse font la différence. Pas sur toutes les cuvées, mais certains vignerons (et ils sont plus nombreux qu'on ne croit) signent de très beaux vins dans ces appellations. Si beaucoup ne resteront pas dans les annales, d'autres seront fort appréciés, en entrée ou sur un dessert.


Quelques mots sur l'auteur : Sarah

Venue de Suisse, Sarah a d'abord trempé dans la gastronomie avant de goûter au vin. Ses péchés mignons: le chocolat, bien entendu, à toutes les sauces et avec les vins les plus originaux qui soient. Mais aussi le fromage, qu'importe qu'il suisse ou français, pourvu qu'il ne passe pas inaperçu au palais!


Partager cet article :

Articles liés :

Gastronomie

Champagne rosé et macaron framboise / pain d'épices

Vins du monde

Tour d'horizon de la Napa Valley (Californie)

Commentaires :

Découvrez notre guide de la Foire Au Vin 2014

Archives par rubriques

Choisissez la rubrique à l'aide du menu ci-dessous :

Toutes les rubriques

Archives par auteur

Choisissez l'auteur à l'aide du menu ci-dessous :

Soutenez la Feuille de Vigne

Vous aimez nos articles? Venez grossir nos rangs et discuter avec notre équipe sur Facebook.