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Découverte

Le 8/01/2013 par Antoon the Wine Patriot

Stéphane Derenoncourt et le millésime 2012 à Bordeaux

Stéphane Derenoncourt et le millésime 2012 à Bordeaux

L’année 2012 est finie mais le millésime, lui, court toujours.
Il y a des hommes qui ont un parcours peu commun, où peu auraient misé sur un succès. La réussite, il ne l’a pas cherchée; elle est juste arrivée. 2013 sera donc que la continuité d’un cheminement... vers une transmission.

Stéphane Derenoncourt, son histoire a déjà été maintes fois contée, son curriculum vitae examiné, son ascension soit admirée soit jalousée. Bref, Stéphane D. ne laisse pas indifférent, normal pour quelqu’un de différent!

Un consultant, pas de formation œnologue, que peut-il donc apporter en vinification?
Sans doute une vision, une philosophie qui traite le projet vin dans sa globalité et donc qui commence par la terre. Cela tombe bien pour un homme qui a commencé par là, à travailler dedans et à aimer le métier par ce coté tactile avec la matière première et son environnement. D’où deux notions qui lui sont chères: terroir et fruit.

Aujourd’hui il est entouré d’une équipe, justement d’œnologues, ne serait-ce pas contradictoire?
Au contraire, complémentaire et même nécessaire! Stéphane a appris le métier au travers de rencontre, de recherche personnelle. L’œnologie met sans doute des limites à la créativité, mais on peut aller loin... Et l’œnologie permet de la border et de se prémunir de certains dangers (par exemple: avant, il n’y avait pas de "bretts", disons que l’on ne les connaissait pas et donc ne nous en soucions pas). Le vin s’en trouve donc plus pur, plus précis.

Les deux doivent alors cohabiter. L’œnologue doit être aussi un homme de sens et de bon sens; ainsi selon son expression: "l’œnologue se doit d’être déformé" avant d’exercer. Autrement dit, il doit se détacher du scolaire, du théorique pour laisser place à l’observation et agir avec sensibilité.

L’évolution va dans tous les sens. Le coté scientifique permet de répondre à des fléaux, à comprendre certaines choses, à trouver également d’autres problèmes pour les résoudre par la suite etc. Cela permet de faire des vins dits "de consommation". De l’autre coté, il y a le pouvoir de tradition, de philosophie d’Homme vers l’équilibre naturel avec le terroir (nous y trouvons les biodynamistes, dont le domaine de L’A, propriété personnelle de Stéphane Derenoncourt et de son épouse). Ce qui conduit aux vins dits "d’inspiration".
Entre ces deux réflexions, il y existe un immense boulevard avec des fossés de chaque coté, d’où l’importance de jauger des plus et des moins, avant de se lancer sur la route, et ceci de manière pragmatique.

Pas de laboratoire, mais de l'interprétation et de la dégustation

Dans sa volonté d’indépendance totale, Stéphane refuse d’avoir un laboratoire où il y aurait un business œnologique et ainsi efface toute logique commerciale. Il préfère rester dans l’interprétation. Il rationalise la philosophie de production, la gestion globale. Ceci commence évidement par une bonne connaissance des sols et de la vigne et se concrétise par un suivi où la sensibilité avec le terroir et le vin, à sa place et également avec le propriétaire.

Aujourd'hui, Stéphane Dernoncourt est déjà dans une logique de transmission. Il considère son équipe comme une famille professionnelle. En effet, sa réussite personnelle est bien devenue une réussite d’entreprise. En 15 ans seulement, il a réussi à créer une boite qui a une vraie philosophie. Stéphane considère qu’il a eu beaucoup de chance pour en arriver jusqu’à là. Il en faut sans doute, mais ce serait sans compter les heures de travail, l’écoute, la sensibilité, le respect des personnes et des choses...

Le millésime 2012 dans le Bordelais, vu par Stéphane Derenoncourt

Voici donc son interprétation du millésime 2012 rouge dans le bordelais (où l’équipe officie le plus):

En préambule, Stéphane adore ce millésime qui a été marqué par un cycle très long.
Cependant, il me met en garde sur l’hétérogénéité. En effet, il y a eu un printemps compliqué avec une forte pression cryptogamique, une floraison difficile (hétérogénéité de maturité et grappe lâche). Jusqu’au 15 juillet, ce fut compliqué. La première partie se résume à garder sa récolte.

Puis l’été s’installe, mais les réserves hydriques étant faibles (car la pluie est tombé à partir du début du cycle végétatif et non avant), la vigne s’est mis en mode "sécheresse". L’été n’a pas été caniculaire. Et nous arrivons donc à la véraison qui fut tardive et très hétérogène. Il a fallu pour beaucoup (qui peuvent et veulent viser la qualité) intervenir à cette deuxième étape pour couper les "queues de véraison".

Stéphane me fait remarquer l’importance de l’observation du paramètre terroir. Les "filtrants" ont bloqué et défolié. Les pluies de la mi-septembre ont permis de débloquer la situation.
Stéphane nomme ce millésime "millésime d’automne" au vu de l’épaisseur des peaux, dont la maturité se fera par tannage.

La troisième étape est bien évidement celle des vendanges qui commencera début octobre pour les rouges et se fera plutôt dans la précipitation. Le week-end du 6 octobre, il y a eu une ambiance tropicale (où humidité et température de nuit ne descendaient pas); le Botrytis a commencé à s’inviter. Ceci fera que 2012 ne sera pas un grand millésime tel que le furent 2005 ou 2010.
Sur la fin, il y a donc eu conjoncture entre ce que l’on peut définir comme les grands terroirs (exposition, sol, travail à la vigne), parmi lesquels les "tardifs" ont tenu, mais où il fallu faire vite dans la récolte, et les plus difficiles de l'autre côté.

Les extractions ont été différentes selon la maturité. Si la maturité était suffisante, il y a eu une extraction forte en jouant sur les macérations; si la maturité était moindre, l’extraction fut précoce, pour arriver à l’élégance. Cependant les chapeaux ont libéré vite, d’où des cuvaisons plus courtes qu’à l’accoutumée.
Les vinifications ont été "sympas" car le degré alcoolique est resté assez faible, avec une belle acidité avec des fermentations malolactiques qui s’enclenchèrent bien.

Pour Stéphane, les 2012 réussis seront plus "pleins" que les 2011, avec des bouches centrées, alliant force (tannique car peaux épaisses) et fraicheur, avec un profil aromatique riche et resteront marqués par le terroir, vue la longueur du cycle de maturité.

Antoon - The Wine Patriot

Crédit photo: Stéphane Derenoncourt, photographié dans les vignes de Laroche à Chablis par Fabrice Leseigneur


Quelques mots sur l'auteur : Antoon the Wine Patriot

Antoon Laurent s'auto-définit comme The Wine Patriot avant tout. Sa patrie? Le monde du vin, sous toutes ses coutures. Ingénieur vitivinicole de formation, vivant et travaillant depuis plusieurs années à Cognac, c'est un dégustateur hors pair qu'il est plus fréquent de croiser dans les vignes et les caves que derrière un bureau.

Antoon The Wine Patriot sur Facebook: Facebook.com/antoon.laurent


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