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Découverte

Le 9/05/2012 par Antoon the Wine Patriot

Jean-Claude Berrouet, un homme de valeurs et de convictions

Jean-Claude Berrouet, un homme de valeurs et de convictions

L'histoire de Jean-Claude Berrouet, qui fut pendant 44 ans à la tête de Château Pétrus, commence tout naturellement dans un lopin de terre nommé Pétrus le 14 septembre 1964, pour le reste il suffit d’ouvrir les livres.

Cet homme de terre considère le terroir comme son plus simple élément, autrement dit: la terre que l’on cultive. Et pour lui, le vin n'existe que s’il exprime son terroir. On est loin du "bobotisme" et de la prise de tête.

Le vin et le merveilleux à Pétrus

Jean-Claude B. est pragmatique lorsqu’il affirme que "le vin ne nait et n’est pas totalement du raisin". Cependant, il met en garde qu’il ne faut pas être prétentieux vis-à-vis de ce dernier.

Alors comment faire un grand vin, comme tout grand œnologue de sa génération (inspiré par les maitres Emile Peynaud et Jean Ribéron-Gayon)? Il insiste sur l’importance de l’équilibre et, pour y arriver, la première clef est la vigne, où la raison et surtout le raisonnable prennent place dans la maîtrise.

L’objectif est de faire un vin merveilleux. Le merveilleux dans la bouche de Jean-Claude B. c’est la différence, l’expression d’un terroir particulier. Autrement dit, il faut écouter la nature et avoir certaines convictions.
L’homme est humble, car après avoir vinifié 44 millésimes de Pétrus (11 hectares), il affirme qu’il reste des choses à observer dans un monde où il reste de l’invisible, et des choses à apprendre. Lorsqu’on le félicite pour sa réussite, le protagoniste signale que Pétrus est plutôt un terroir d’exception qui permet de produire un vin merveilleux.

Comment vinifier Pétrus?

Précurseur dans l’éclaircissage/vendanges vertes (à commencer par 2ha en 73 à Pétrus), il se préoccupe de la pérennité des vieilles vignes et insiste sur l’importance de l’autodéfense de la vigne vis-à-vis des maladies du bois. Observateur, il constate également un déficit hydrique de plus en plus prononcé vers le stress et pause l’intérêt de l’irrigation ou de porte-greffe/cépage mieux adapté. Ces deux points seront sans doute les enjeux pour la viticulture de demain.

Pour Jean-Claude B., la maturité du merlot est très délicate. En effet, il se confiture rapidement, et pas mûr le fruit est vert. Il doit être "vendangé juste" pour permettre des éléments de fraîcheur qui en feront un vin "vivant".

Le bon vinificateur est celui qui fait le moins de choses avec ce que l’on lui donne. Là aussi, il reste à l’écart comme s’il faisait les choses par "découlement".

Mais il admet volontiers que la dégustation est décisionnelle dans son travail.
Un vin doit être toujours synonyme de plaisir, d’équilibre, de personnalité (particulier, individuel), tout cela dans le sens de la diversité, et de mettre en évidence un goût attaché à un terroir. L’ouverture d’une bouteille et son appréciation restent attachées à un contexte. Il avoue que si la dégustation est un outil, le vin est véritablement fait pour être bu et partagé avec plaisir.

Au détour de la conversation, nous avons continué un moment à parler vin en faisant le parallélisme entre Petrus/Trotanoy et Romanée-Conti/La Tâche. Ce qui caractérise Petrus comme les grands vins, c’est la capacité à vieillir en toute élégance.

Le vin et les Berrouet, une affaire de famille

Depuis le 1er janvier 2008, c’est Olivier Berrouet qui a reprit le flambeau à Pétrus dans le digne respect de son paternel. Tandis que Jef Berrouet a repris les reines des "propriétés familiales", dont le Vieux Château Saint André (Montagne-Saint-Emilion), où son père Jean-Claude était fermier en 79 avant de l’acheter en 95.

Durant la conversation, nous avons été accompagnés justement de ce Vieux Château Saint-André 95 au nez truffé, chocolaté, mentholé puis aux notes de cassis compoté avec une bouche douillette à la finale douce. J’ai pu boire par la suite les 85, 86, 88, 96… puis quelques Samion (Lalande de Pomerol) 2000, 2001, 2002 et un Herri Mina 2008, où Jean-Claude B. produit en rouge et blanc d’Irouléguy non loin de sa terre natale.

Ces vins expriment tous une certaine expression du terroir témoin d’un temps, mais procurent tous du plaisir et rejoignent la philosophie de Monsieur Berrouet. Il a transmis à ses deux fils l’amour du vin et des valeurs qui peuvent s’apparenter à celle du rugby (autre passion), n’est-ce pas l’école de la vie?

Antoon, The Wine Patriot


Quelques mots sur l'auteur : Antoon the Wine Patriot

Antoon Laurent s'auto-définit comme The Wine Patriot avant tout. Sa patrie? Le monde du vin, sous toutes ses coutures. Ingénieur vitivinicole de formation, vivant et travaillant depuis plusieurs années à Cognac, c'est un dégustateur hors pair qu'il est plus fréquent de croiser dans les vignes et les caves que derrière un bureau.

Antoon The Wine Patriot sur Facebook: Facebook.com/antoon.laurent


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